Augusto José
Ramón Pinochet Ugarte (né le 25
novembre 1915
à Valparaíso,
Chili
et décédé le 10
décembre 2006
à l'hôpital militaire de Santiago),
militaire chilien ayant atteint le grade de général en 1970,
il dirige le Chili de 1973
à 1990.
Biographie
Études
Augusto Pinochet
est né dans une famille modeste, descendant d'une famille française
originaire de Bretagne
arrivée au Chili au XVIIIe siècle.
Sa première femme, Lucia
Hiriart Rodriguez est quant à elle descendante d'immigrés
basques
français (famille Hiriart).
Il fait ses études
primaires et secondaires au Seminario San Rafael à Valparaíso,
à l'Institut Rafael Ariztía à Quillota
et à l'école des Pères Françaises à Valparaíso.
Études militaires
En 1933,
il entre dans une école militaire. Quatre années plus tard, il
obtient le grade d’Alférez (second lieutenant) dans l'infanterie.
Carrière
militaire
Il commence dès
lors son service militaire et en septembre 1937,
rejoint le régiment « Chacabuco » à Concepción
avant d'obtenir le grade de sous-lieutenant en 1939.
En 1953,
il devient commandant et il finit ses études de droit à
l’université.
En 1970,
Eduardo
Frei (président du Chili de 1964
à 1970) le nomme général de brigade et en 1973. Ami proche
et frère en loge de Salvador
Allende, celui-ci le choisit pour commandant en chef de l’armée
chilienne alors que le pays est au bord de la guerre civile,
fractionné entre les milices ouvrières de l'Unité populaire,
favorables à Allende, contre groupes paramilitaires, soutenus
par une partie de la société chilienne mais aussi, secrètement,
par la CIA
appelée en renfort des intérêts du groupe ITT
dont les mines de cuivre avaient été nationalisées par le nouveau
régime.
D'abord loyaliste,
le général Pinochet se joint rapidement au complot qui débouche
sur le Coup
d'État du 11 septembre 1973 au Chili, pendant lequel le palais
présidentiel (Palacio de la Moneda) fut bombardé avec des avions
britanniques Hawker
Hunter. Allende est tué et des milliers de ses partisans sont
arrêtés, voire torturés ou tués.
Le chef de la
junte militaire au pouvoir (1973-1990)
La junte militaire
se choisit Pinochet comme chef qui reçoit immédiatement le soutien
des conservateurs et de la majorité des démocrates chrétiens,
lesquels s'attendent à récupérer le pouvoir exécutif (ils
détiennent déjà la majorité au parlement). Mais Pinochet
ne relache pas prise et il conservera le pouvoir jusqu'en 1990.
Il appelle les
adeptes de Milton
Friedman à sa rescousse pour redresser l'économie du
pays. Pendant les premieres huit ans (et puis de 1984 à 1989)
le taux de croissance dépasse alors les 8% alors que la classe
moyenne se développe et que l'analphabétisation recule.
En 1980,
il fait approuver par 67% des électeurs une nouvelle constitution
qui lui accorde un mandat de 8 années en tant que président de la
république.
En 1982
et 1983,
l'économie stagne, l'inflation s'envole alors que la répression
contre les opposants s'accentue.
En 1988,
il demande un nouveau mandat par le biais d'un référendum.
A cette occasion, tous les partis politiques peuvent s'exprimer.
Soutenus par tout un nombre d'organisations internationales et de
pays, le camp du non à Pinochet rassemble 53% des électeurs
alors que le général n'en rassemble plus que 45 %.
Bon gré, mal gré,
il organise alors la transition démocratique qui aboutit en mars
1990 à l'intronisation du démocrate chrétien Patricio
Aylwin comme président de la république. Le Général Pinochet
reste alors encore pendant sept ans chef innamovible des armées et
en profite, à ce titre, pour parcourir le monde de la Chine
à la Russie.
En 1990, la
commission vérité et réconciliation rapporte que le régime du général
Pinochet a fait près de 2279 morts et disparus alors que 130
mille personnes ont été arrêtés pour des raisons politiques.
En 1998,
désormais sénateur à vie en tant qu'ancien président de la
république, le général Pinochet se rend à Londres
pour être hospitalisé. Il est alors mis en résidence
surveillée suite à un mandat d'arrêt international émis
par un juge espagnol.
Son assignation
à Londres durera deux ans obligeant le gouvernement du Chili
à réclamer sa libération.
De retour au pays,
il est accueilli par des centaines de milliers de ses partisans
à Santiago
du Chili.
Cependant, des
poursuites judiciaires sont engagées contre lui. Elles seront périodiquement
annulées en fonction de l'état de santé du général Pinochet.
Levée de l'immunité
parlementaire
Accordée en sa
qualité d'ancien président, le général Pinochet bénéficie
d'une immunité qui a été l'objet depuis 1998 de 300 plaintes pour
violation des droits
de l'homme.
En 2002,
la Cour suprême invoque ses conditions physiques dues à
une "démence modérée" pour absoudre Pinochet dans
l'affaire dite des "Caravanes de la mort".
Le 26
août 2004,
la Cour
suprême du Chili décide de lever l'immunité
parlementaire de Pinochet dans le cadre de l'enquête sur le Plan
Condor. Ce plan concerté des dictatures sud-américaines avait
été organisé en vue d'éliminer entre 1974
et 1980
les opposants politiques aux régimes militaires en place au Chili,
en Argentine,
en Bolivie,
au Brésil,
au Paraguay
et en Uruguay.
A cette occasion, la partie civile demande le rejet de l'argument de
« démence » en déposant un rapport de trois
psychiatres concluant à de bonnes conditions mentales après
avoir décortiqué une interview accordée en novembre 2003
par l'ancien général à une télévision de Miami.
En juin 2005, le général Pinochet est relaxé par la Cour d'appel
de Santiago dans le cadre de la procédure judiciaire sur l'Opération
Condor. Les recours déposés par les familles de victimes sont jugés
«irrecevables». Cette relaxe est confirmée définitivement
le 15
septembre 2005 par la Cour Suprême.
Dans une autre
affaire, le 14
septembre 2005,
la Cour suprême chilienne, par dix voix contre six, lève
l'immunité du général Pinochet dans le cadre de l'enquête
sur l'opération Colombo, pour laquelle il aurait couvert l'exécution
de 119 membres du Mouvement
de la gauche révolutionnaire (MIR) chilien dont les cadavres
avaient été retrouvés en Argentine
et au Brésil
en 1975.
Cette levée d'immunitée ne signifie pas l'inculpation du général
car la Cour ordonne qu'il passe des examens médicaux avant son éventuel
interrogatoire, dans le but de déterminer si sa condition physique
lui permet d'affronter un procès. L'étape suivante le cas échéant,
il restera à enregistrer la déclaration du général
Pinochet et d'examiner l'existence de preuves le reliant aux crimes,
afin d'envisager son éventuelle inculpation.
En fait, c'est un
dossier de fraude fiscale concernant l'existence de comptes
bancaires secrets de Pinochet et de sa famille aux États-Unis
et dans les Caraibes, pour un montant de 27 millions de dollars, qui
met davantage en émoi l'opinion publique chilienne que les
accusations relevant d'activités criminelles. Quatre vingt dix pour
cent de ces fonds auraient été acquis entre 1990
et 1998
quand le général Pinochet était chef des armées et
proviendraient essentiellement de trafic d'armes (lors de l'achat de
Mirage belges en 1994, de tanks Léopard hollandais, de chars suisse
Mowag ou encore lors de la vente illégale d'armements à la Croatie,
en pleine guerre des Balkans). Le général Pinochet devrait alors
au fisc 16,5 millions de dollars. C'est dans cette affaire que l'immunité
de Pinochet a été également levée par la Cour d'appel de
Santiago et confirmée par la Cour Suprême le 19
octobre 2005.
La procédure judiciaire peut ainsi continuer et éventuellement
aboutir à un jugement du général Pinochet, de son épouse
Lucia Hiriart et de l'un de ses fils, Marco Antonio Pinochet,
poursuivis pour complicité. Cependant, le juge Juan
Guzman Tapia -- surnommé le "tombeur de Pinochet" --
afficha son scepticisme sur la probabilité d'un procès que
ce soit pour des atteintes aux droits de l'homme ou pour fraude
fiscale. Toutefois, des examens médicaux conclurent que l'état de
santé physique et mental de l'ancien dictateur lui permettait d'être
jugé et le 23
novembre 2005,
le juge Carlos Cerda l'inculpa pour fraude fiscale et ordonna son
arrestation et son assignation à résidence. Mis en liberté
sous caution ("sa liberté ne représentait pas un danger pour
la sécurité de la société"), c'est néanmoins la quatrième
fois en sept ans que Augusto Pinochet fait l'objet d'un mandat d'arrêt.
Héritage
Les chiliens
restent divisés sur l'héritage des années Pinochet. Un tiers le
considère comme un dictateur brutal ayant mis fin à la
démocratie
en légitimant la torture et les assassinats politiques alors qu'un
autre bon tiers le considère comme un héros et lui est gré
d'avoir sauvé le pays du communisme,
d'avoir transformé et modernisé l'économie chilienne, la plus
pauvre du continent en 1973 en la plus performante et la plus riche
en 1990.
Enfin, un tiers des chiliens reste partagé entre la répulsion des
exactions de la dictature et les réussites économiques qui ont
profité à la nouvelle classe moyenne du Chili.
Mais par
comparaison, les chiliens semblent moins partagés quant au bilan de
la politique de Salvador Allende qu'ils jugent mauvais (pour plus de
50% des chiliens sondés en 1999).
Déces
Le 3
décembre 2006,
il est victime d'une crise
cardiaque aiguë. Il est hospitalisé en urgence et subit un pontage
coronarien à l'hôpital militaire de Santiago.
Alors que son état de santé évoluait favorablement, il meurt une
semaine après son hospitalisation : le 10
décembre 2006
à l'âge de 91 ans à l'hôpital militaire de Santiago.
Selon l'annonce de l'hôpital militaire, il est mort de
complications cardiaques.[7],
suite à une crise
cardiaque et un œdème
pulmonaire.
Dès l'annonce
de sa mort, d'importantes manifestations de ses adversaires ou des
familles qui ont perdu des membres pendant la dictature, se forment
au centre de la capitale. Ses partisans eux, ont manifesté devant
les portes de l'Hôpital Militaire de la capitale pour apporter leur
soutien à sa famille.