-
By
Wikipedia
Mobutu Sese Seko
Kuku Ngbendu Wa Zabanga (14
octobre 1930,
7
septembre 1997),
connu antérieurement sous le nom de Joseph-Désiré Mobutu, a
été le second président de la République
démocratique du Congo de 1965
à 1997
(le pays ayant été rebaptisé Zaïre de 1971 à
1997). Il fut surnommé "Le Léopard de Kinshasa".
Débuts
Joseph-Désiré
Mobutu naît le 14
octobre 1930
à Lisala
au Congo
belge. Son père, Albéric
Gbemani, cuisinier pour un magistrat colonial de Lisala, meurt
alors qu'il a 8 ans et il est alors élevé par son grand-père
et son oncle. Il poursuit ses études dans une école catholique.
À l’âge de 15 ans, il est enrôlé dans la Force
publique, l’armée coloniale belge,
où des officiers blancs commandent des soldats noirs. À
16 ans, il se marie avec une jeune fille de 14 ans. Il obtient le
brevet de secrétaire comptable à Luluabourg
puis est affecté à l'État-Major de la Force
publique à Léopoldville
en 1953.
Après son
passage dans l’armée, dont il sort sous-officier, il devient journaliste
(1957),
ce qui lui permet d'exprimer ses idées. Il voyage pour la première
fois en Europe
lors d'un congrès de presse à Bruxelles,
où il restera quelques temps pour suivre une formation. C'est
au même moment que les représentants congolais négocient leur
indépendance, et lorsqu'ils arrivent à Bruxelles pour la tenue
d'une table ronde, il se met à leur disposition.
L'ascension
En janvier
1960, il
devient secrétaire d'État du gouvernement indépendant de Patrice
Lumumba. Profitant du désaccord entre les différents hommes
politiques, il évolue très rapidement dans la hiérarchie
militaire, et c'est en tant que chef d'état-major qu'il fait arrêter
en 1961 Lumumba.
Celui-ci est assigné à résidence, il tentera de s'enfuir
à Stanleyville,
mais est rattrapé en chemin par les soldats. Mobutu le fera mettre en
prison, où Lumumba ne recevra qu'une banane, ensuite il sera
envoyé au Katanga
de Moïse
Tshombe où il sera assassiné. Mobutu a donc été complice
de l'assassinat de Lumumba. Sous la direction de Pierre
Mulele, des rebelles partisans de Lumumba partent en guerre contre
Mobutu. Ils occupent rapidement deux-tiers du Congo,
mais avec l'aide des USA
et d'Israel,
Mobutu parvient à reconquérir l’ensemble du territoire.
Après avoir réorganisé l'armée, il mène en 1965
un coup
d'État contre Joseph
Kasavubu, premier président de l'ancien Congo
belge.
En 1969,
il fait écraser une révolte estudiantine. Les cadavres des étudiants
abattus sont jetés en fosses communes et 12 étudiants seronts
condamnés à mort. L’université sera fermé pendant un
an et les 2000 étudiants enrolés dans l’armée ou, selon la télévision
nationale, « ils apprennent à obéir et à
fermer leurs gueules.»
Il instaure un régime
autoritaire à parti unique, le mouvement populaire pour la révolution
et en devient le maréchal-président. Un de ses souhaits est que le
pays retrouve sa culture profonde, c'est alors la zaïrianisation
(décolonisation culturelle). Il renomme le pays en Zaïre
(en 1971),
il impose un costume traditionnel , crée une version zaïroise du
costume occidental: l'abacost
(à bas le costume) et il oblige les zaïrois à
choisir un nom africain (non chrétien), ce qu'il fait lui même
en devenant Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga, c'est
à dire « Mobutu le guerrier qui va de victoire en
victoire sans que personne ne puisse l’arrêter ».
Cette « révolution
culturelle » ainsi que le culte de la personnalité seront
clairement inspirés des régimes communistes (Mobutu sera d'ailleurs
un des derniers dirigeants à être invité par Ceauºescu).
Les premières
années, le régime sera très bien vu sur le plan international
(notamment par les États-Unis),
la personnalité affable du maréchal-président et les ressources
naturelles du pays aidant un peu. Le Zaïre est alors considéré
comme un exemple pour toute l'Afrique.
La chute
Petit à petit,
les méthodes du régime et le non respect des droits de l'homme le déconsidèrent
aux yeux des démocraties.
En 1986,
une grave crise économique secoue le Zaïre
et accentue une crise politique et une révolte latente, entre un
peuple qui a faim et un chef multi-milliardaire mégalomane
qui a utilisé la corruption comme mode de gouvernement. Le fossé est
creusé entre la petite tribu de fidèles (à qui le chef
donnait des faveurs) et le reste du pays. En 1990,
comme dans de nombreux autres pays d'Afrique
centrale, le mécontentement populaire est grandissant et, en
avril 1990,
Mobutu autorise le multipartisme (l'opposition pourra dès lors
le pousser au départ).
En 1994,
malgré le partage du pouvoir avec le président du parlement, le pays
s'enfonce dans la crise. Celle-ci s'aggrave avec l'arrivée de réfugiés
rwandais
responsables du génocide
au Rwanda, fuyant à partir de 1996
la progression de l'Alliance
des Forces démocratiques pour la Libération du Congo, bras armé
congolais du Front
patriotique rwandais et de l'Ouganda, emmenés par Laurent-Désiré
Kabila. Ceux-ci entrent à Kinshasa
le 17 mai
1997,
entraînant la chute définitive du pouvoir et la fuite de Mobutu Sese
Seko, malgré une dernière tentative de négociation pour le
partage du pouvoir parrainée par Nelson
Mandela. Après avoir été soigné pendant de longs mois en
Suisse
et en France,
Mobutu Sese Seko meurt le 7
septembre 1997
à Rabat
d'un cancer
de la prostate
quatre mois après son renversement et l'accession au pouvoir de
Laurent-Désiré Kabila, père de l'actuel chef de l'État
congolais (2006), Joseph
Kabila. Il laisse un pays économiquement exangue, en conflit avec
de nombreux pays voisins et en pleine guerre civile.
Les héritiers
Le maréchal Mobutu
s'est marié deux fois. Après le décès de sa première
femme, Marie-Antoinette Mobutu, le 22 octobre 1977, il a épousé Bobi
Ladawa la soeur jumelle de Kosia,le 1er mai 1980. Quatre de ses fils
issus de son premier mariage sont décédés: Niwa, Konga, Kongulu en
septembre 1998 et Manda en décembre 2004. Un autre de ses fils, né
de son deuxième mariage, Nzanga
Mobutu, a annoncé en décembre 2005 sa candidature aux élections
présidentielles de Mars 2006.
Anecdotes
-
En 1984,
sa fortune avait été estimée à 4 milliards de dollars.
-
Certains proches
ont plus tard raconté la générosité de Mobutu qui, lors de
soirées, aurait laissé à la libre disposition des invités
des saladiers remplis de diamants.
D'autres témoignages racontent que Mobutu aurait été un adepte
de la magie noire (et aurait bu du sang humain lors d'une cérémonie).
-
En 1978,
des opposants politiques refugiés (on dit qu’ils auraient
étés marxistes) en Angola lancent une offensive contre la
province la plus riche en minerais, le Shaba (l’actuel Katanga).
Les troupes de Mobutu seront vaincues et Mobutu sera sauvé par la
légion
étrangère francaise qui intervient pour protéger ses
ressortissants. On raconte depuis ce jour au Katanga que les
services secrets de Mobutu auraient tué 100 ingénieurs francais
et leurs familles à Kolwezi pour provoquer l’intervention
française.
|