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LENIN


Lenin

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By Wikipedia

Vladimir Ilitch Oulianov (Влади́мир Ильи́ч Улья́нов), dit Lénine (Ле́нин « l'homme de la Léna »)(1870 - 1924) est un révolutionnaire et homme politique russe, fondateur du POSDR (section russe de la Deuxième Internationale), fondateur et dirigeant du parti bolchevik, âme de la Révolution d'Octobre et fondateur de l'URSS.

Jeunesse

Né en Russie à Simbirsk le 22 avril 1870, Lénine est le fils de Ilya Nikolaevitch Oulianov (1831 - 1886), un fonctionnaire russe qui œuvre à l’instauration de plus de démocratie et d’une éducation gratuite pour tous en Russie et de sa femme Maria Alexandrovna Blank (1835 - 1916). Comme beaucoup de Russes, ses origines ethniques et religieuses sont métissées. Il est d’origine kalmouk par ses grands-parents paternels, allemande par sa grand-mère maternelle, qui était de confession Luthérienne, et d’ascendance juive par son grand-père maternel (converti chrétien). Vladimir Oulianov (Lénine) lui-même est baptisé dans l’Église russe orthodoxe.

Vladimir se distingue dans l’étude du latin et du grec. Deux tragédies surviennent tôt dans sa vie : en 1886, son père meurt d’une hémorragie cérébrale. L’année suivante, en mai 1887, son frère aîné Alexandre Oulianov est pendu pour avoir participé à un complot menaçant la vie du Tsar Alexandre III. Cet événement radicalise Vladimir (ses biographies soviétiques le considèrent comme déterminant pour ses exploits révolutionnaires) ; il est arrêté plus tard cette même année et exclu de l’université de Kazan pour sa participation à des manifestations étudiantes. Il continue à étudier de manière autonome et obtient en 1891 une licence l'autorisant à pratiquer le droit.

Révolutionnaire

Plutôt que de s’installer dans une carrière légale, il s’implique de plus en plus dans la propagande révolutionnaire et l’étude du marxisme, la plupart du temps à Saint-Pétersbourg. Il s'intéresse au terroriste Serge_Netchaïev dont il conservera l'idée d'une organisation structurée, et le principe selon lequel la fin justifie les moyens. Le 7 décembre 1895, il est arrêté et incarcéré pendant un an par les autorités avant d’être exilé dans le village de Shushenskoye en Sibérie.

En juillet 1898, il épouse Nadezhda Krupskaya, une activiste socialiste. En avril 1899, il publie le livre Le Développement du capitalisme en Russie. En 1900, son exil prend fin. Il voyage en Russie et en Europe, et publie le journal Iskra (L'Etincelle), ainsi que d’autres tracts et livres relatifs au mouvement révolutionnaire. Il participe activement au Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) et, en 1903, prend la tête de la faction bolchevique suite à une rupture avec les mencheviks partiellement inspirée par son pamphlet Que faire ? En 1906, il est élu au directoire du parti. En 1907, il déménage en Finlande pour des raisons de sécurité. Il fonde le journal Pravda (La Vérité). Contre le révisionnisme des sociaux-démocrates allemands, il rédige son ouvrage Matérialisme et Empiriocriticisme en 1909. Il continue de voyager en Europe et participe à de nombreux rassemblements et activités socialistes, notamment la conférence de Zimmerwald de 1915. Quand Elizabeth Armand (dite Inessa ou Inès) quitte la Russie pour s’installer à Paris en 1910, elle rencontre Lénine et d’autres bolcheviques en exil et devient à la fois son émissaire et son égérie.

Il voit dans la Première Guerre mondiale une lutte entre impérialismes rivaux pour le partage du monde (L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1917) et veut faire de la guerre entre nations une guerre entre classes.

Le 16 avril 1917, il rentre de Suisse à Petrograd suite à la chute du Tsar Nicolas II. On a largement suggéré la participation de l’Empire allemand dans ce retour ; des témoins ont affirmé l'existence d'un train secret escorté par les allemands. Cette manœuvre aurait eu pour but d'accroître le chaos en Russie pour accélérer la fin à la guerre sur le front est ; on prête au Kaiser Wilhelm II lui-même une participation dans cette affaire. Cette thèse, dérangeante pour les soviétiques, est contestée. En effet, les liens étroits entre les bolcheviks et les spartakistes allemands sont avérés : or, mettre le pied à l'étrier de Lénine, c'était prendre le risque qu'il soutienne les spartakistes et un soulèvement en Allemagne.

Quoi qu'il en soit, le 4 avril, Lénine fait une conférence durant laquelle il présente ses "Thèses d'avril" et prend la tête du mouvement bolchevique en publiant les Thèses d'Avril dans la Pravda : paix immédiate, pouvoir aux soviets, usines aux ouvriers et terres aux paysans. Après la répression des émeutes bolcheviques en juillet, Lénine fuit en Finlande. Il revient en octobre, inspirant une révolution armée contre le gouvernement provisoire au slogan de « le pouvoir aux Soviets ! » Ses idées concernant le gouvernement sont exprimées dans son essai État et révolution (août-sept. 1917) qui appelle une nouvelle forme de gouvernement basé sur les conseils ouvriers ou soviets.

À la tête de l’État soviétique

Le 8 novembre, Lénine est nommé président du Conseil des Commissaires du Peuple par le Congrès des soviets russes. Sous son impulsion, les soviets nationalisent la grande propriété foncière (19 février 1918), les industries (30 juin 1918), et déclarent assurer la dictature du prolétariat. La guerre civile russe prend de l'ampleur.

Face à la menace d’une invasion allemande, mais connaissant aussi la situation grave des empires centraux et les perspectives révolutionnaires ainsi ouvertes, et confrontés aux oppositions au sein même de la Russie, les chefs révolutionnaires s'interrogent.

La majorité des chefs bolcheviques, tels que Boukharine, soutiennent la poursuite de la guerre comme moyen de provoquer la révolution en Allemagne. Lénine défend l'option d'un armistice ou d'un traité de paix, coûte que coûte, afin de consolider le régime. Léon Trotski, qui mène les négociations, recommande quant à lui une position intermédiaire, préconisant un traité de paix uniquement à condition qu’aucun gain territorial ne soit concédé de part et d’autre.

Quand les négociations échouent, l’Allemagne lance à partir du 18 février 1918 une invasion au cours de laquelle la Russie perd une large part de son territoire occidental. En conséquence, la position de Lénine rassemble les suffrages de la majorité des chefs bolcheviques et la Russie finit par signer le Traité de Brest-Litovsk (3 mars 1918) qui lui est nettement défavorable. Lénine transfère la capitale à Moscou (12 mars)[1] et inaugure la politique dite du communisme de guerre, dans le cadre de la guerre civile.

En acceptant que les soviets soient la seule forme légitime de gouvernement ouvrier, Lénine conclut l’Assemblée constituante russe. Les bolcheviques perdent les élections qui s’y tiennent et qui sont remportées par le Parti socialiste-révolutionnaire (PSR). Celui-ci s'est scindé en septembre 1917 en faction gauche (pro soviet - Parti socialiste-révolutionnaire de gauche) et droite (anti-soviet). Les bolcheviks ont alors le soutien d’une majorité du Congrès des soviets et forment un gouvernement de coalition avec les Socialistes-révolutionnaires de gauche. Cependant, cette coalition s’effondre après que les Socialistes révolutionnaires (SR) de gauche se sont opposés aux conditions du traité de Brest-Litovsk. Ils se joignent alors à d’autres partis afin de renverser le gouvernement des soviets. Du coup, Lénine fait interdire les Socialistes révolutionnaires (y compris les « SR de gauche »).

En juillet 1918, il fait approuver par le Ve congrès des soviets la première Constitution de la République fédérative des soviets de Russie. Cependant il doit faire face à ce qu'il appelle la « contre-révolution », dont la plus dangereuse est soutenue par l'étranger (1918-1921). En juillet, la situation reste très confuse. Le Tsar est exécuté avec sa famille et ses proches (toute la famille du tsar ; sa fille Anastasia, malgré toutes les histoires qui tournent autour de sa survie, est elle aussi exécutée).

Le 20 août 1918, Fanny Kaplan, membre du Parti socialiste-révolutionnaire, approche Lénine alors que celui-ci regagne sa voiture à l’issue d’un meeting. Elle l’appelle, il se retourne, elle lui tire dessus trois fois. Deux balles l’atteignent : l’une à l’épaule, l’autre au poumon. Lénine est emmené à son appartement privé au Kremlin et refuse de s’aventurer à l’hôpital, craignant que d’autres assassins ne l’y attendent. Les médecins jugent trop dangereux d’extraire les balles. Lénine survit et reprend son activité, mais sa santé s'en ressentira.

En mars 1919, Lénine et d’autres leaders bolcheviques se joignent à des socialistes révolutionnaires du monde entier et forment la IIIe Internationale communiste. C'est l'époque de la sécession d’avec le mouvement socialiste. À compter de ce moment, les membres de l’Internationale communiste, y compris Lénine et les bolcheviks eux-mêmes, seront connus comme les communistes. En Russie, le parti bolchevique est rebaptisé Parti communiste russe (bolchevik) qui devient finalement le PCUS en 1922. C'est le seul parti autorisé, les autres sont interdits et leurs membres poursuivis.

Dans le même temps, de 1918 à 1921, la guerre civile russe et le communisme de guerre continuent à faire rage dans toute la Russie. Des mouvements politiques très divers et leurs militants prennent les armes pour soutenir ou renverser le gouvernement soviétique. Le communisme de guerre est impitoyable, comme la guerre qui lui a donné naissance (et qu'il a nourrie à son tour, par ses atrocités). Lénine commence à « réquisitionner » des approvisionnements des paysans, quasiment sans dédommagement. Cette spoliation amène les paysans à réduire drastiquement leur production et à soutenir les ennemis des « rouges ». Lénine ordonne la saisie complète de toute nourriture, jusqu'aux graines nécessaires aux semailles des paysans qui résistent ; prises d'otages, exécutions sommaires et expéditions punitives de la Tchéka et de l’armée rouge sont destinés à mettre au pas la population rurale. Lénine reprend le système russe de la déportation, dont il fait la base du goulag, et 100 000 à 500 000 exécutions sommaires d’« ennemis de classe » ont lieu alors qu’il est au pouvoir.

Bien que de nombreuses factions différentes soient impliquées dans cette guerre civile, les deux principaux groupes en présence sont l’Armée rouge (communiste) et les Blancs (tsaristes). Les puissances étrangères telles que la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon interviennent également dans ce conflit (aux côtés des blancs). Finalement, l’Armée rouge prend l'avantage en 1919, écrasant ses concurrents (comme les anarchistes ukrainiens) et réduisant les forces des russes blancs et de leurs alliés à quelques poches de résistance (qui toutefois perdurèrent durant plusieurs années, notamment dans l'extrême orient russe).

À la fin de l’année 1919, les succès remportés en Russie et le soulèvement de la ligue spartakiste en Allemagne créent aux yeux de Lénine l’occasion idéale de « sonder l’Europe avec les baïonnettes de l’Armée rouge » pour étendre la révolution vers l’ouest, par la force. Au même moment et pour contenir les communistes, les pays occidentaux – convaincus que les forces blanches ne l'emporteront pas – soutiennent la volonté de la seconde république polonaise, récemment indépendante, de reprendre ses territoires orientaux, annexés par la Russie à l’occasion de la partition de la Pologne à la fin du XVIIIe siècle. La guerre polono-soviétique débute mal pour les polonais qui, sous-estimant l'armée rouge, se font d'abord étriller et repousser jusqu'à Varsovie. Lénine voyait la Pologne comme le pont que l’Armée rouge devrait traverser afin d’établir le lien entre la Révolution russe et les partisans communistes d’Europe occidentale. Malheureusement pour lui, d'autres partageaient cette vision, et en conséquence étaient décidés à lui barrer la route : la France (avec l'accord général) envoie une « modeste » « Mission militaire française » (des « instructeurs », des avions avec leurs pilotes, etc.) qui renverse la situation, permettant aux polonais de remplir leurs objectifs. Lénine comprend la leçon et renonce (au moins temporairement) à l'exportation de la révolution par des moyens militaires.

La Russie paie le tribut de ces longues années de guerre et une grande partie du pays est en ruine. Maintenant que son pouvoir est bien établi, Lénine, pragmatique, n'hésite pas à sacrifier le dogme marxiste : pour reconstruire le pays, il ne compte pas sur la poursuite du communisme de guerre utilisé pendant la guerre civile, mais sur le capitalisme. En mars 1921 naît la Nouvelle politique économique (NEP), qui se caractérise par un retour limité du capitalisme privé. Mais il ne lâche pas les rênes du pouvoir politique : par exemple la Révolte de Kronstadt, un soulèvement de marins, est réprimée par les armes.

En 1922, il transforme l'ancien Empire russe en Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Mais sa santé déclinante réduit progressivement son activité.

A la fin de sa vie, il s'inquiétait énormément sur la capacité d'un parti qu'il dénonce comme bureaucratisé de garder à l'esprit les besoins des travailleurs au niveau international. Son dernier acte politique est de critiquer fortement la brutalité de Staline.

La fin

La santé de Lénine est déjà sérieusement menacée par les contraintes de la révolution et de la guerre. La tentative d’assassinat de 1918 vient s’ajouter à ses problèmes de santé. La balle est toujours logée dans son cou, trop proche de la colonne vertébrale pour qu’on puisse tenter une opération avec les techniques médicales de l’époque. Lénine connaît sa première attaque en mai 1922. Elle le laisse partiellement paralysé (de son côté droit) et son rôle dans le gouvernement diminue. Suite à une deuxième attaque, en décembre de la même année, il doit se résigner à abandonner toute activité politique. En mars 1923, la troisième attaque le cloue au lit et le prive de la parole.

Lénine meurt le 21 janvier 1924.

La plupart des historiens s’accordent pour considérer que la cause de mort la plus probable est l’attaque provoquée par la balle logée dans sa nuque suite à la tentative d’assassinat. La cause officielle de sa mort est une artériosclérose ou une quatrième attaque mais, des 27 médecins qui interviennent pour le soigner, huit seulement souscrivent à cette conclusion sur le rapport d’autopsie. Cela laisse de la place pour des doutes et des théories alternatives.

Peu après sa mort, des indications concernant une syphilis apparaissent. Cela n'aurait rien de très extraordinaire, car une large partie de la Russie à cette époque était atteinte par cette maladie. Le corps de Lénine ne montre aucune lésion visible typique des dernières phases de la maladie. Cependant, des documents rendus publics suite à la chute de l’URSS, ainsi que les mémoires des médecins de Lénine, suggèrent qu’il a été traité pour la syphilis dès 1895. En 1923, les médecins de Lénine lui prescrivent du Salvarsan, le seul médicament disponible à l’époque pour traiter la syphilis, ainsi que de l’iode de potassium, qui était également d’usage fréquent pour le traitement de cette affection. Les documents suggèrent en outre qu’on a donné l’ordre à Alexi Abrikosov, le pathologiste chargé de l’autopsie, de prouver que Lénine n’était pas mort de syphilis. Abrikosov ne mentionne pas la syphilis dans l’autopsie, mais le second rapport d'autopsie ne parle d'aucun des organes, des principales artères ou des régions du cerveau habituellement affectés par la syphilis, alors que les lésions aux vaisseaux du cerveau, la paralysie et certaines autres affections qu’il mentionne sont typiques de cette maladie. Enfin, un diagnostic posthume par deux psychiatres et un neurologue publié dans le European Journal of Neurology affirme démontrer que Lénine est décédé des suites de la syphilis.

Postérité

La ville de Petrograd est renommée « Leningrad » en son honneur et conserve ce nom jusqu’à la chute de l’Union soviétique en 1991, date à laquelle elle retrouve son nom d’origine, Saint Pétersbourg.

Suite à sa première attaque, Lénine avait publié plusieurs documents indiquant les recommandations futures pour le gouvernement. Le plus célèbre est le Testament de Lénine, qui entre autres choses critiquait les communistes les plus en vue tels que Léon Trotski et Joseph Staline.

De ce dernier, qui est alors secrétaire général du parti communiste depuis avril 1922, Lénine dit qu’il a « un pouvoir illimité concentré dans ses mains » et suggère que « les camarades envisagent une façon de le démettre de ce poste ». La femme de Lénine découvre le document dans l’étude de celui-ci et le lit au comité central qui tout en y accordant partiellement crédit ne le prend pas à cœur et par conséquent ces critiques virulentes du parti ne sont pas rendues publiques.

Au début des années 1920, le mouvement russe de cosmisme est relativement populaire et il est prévu de conserver le corps de Lénine de manière cryogénique afin de pouvoir lui redonner vie dans le futur. L’équipement nécessaire est acheté à l’étranger mais pour diverses raisons, le projet n’est pas mené à bien. À la place, le corps est embaumé et exposé publiquement dans un mausolée sur la place rouge à Moscou.

Malgré la volonté exprimée par Lénine peu avant sa mort qu’aucun mémorial ne soit érigé pour lui, divers politiciens cherchent à améliorer leur image en l’associant à celle de Lénine après sa mort. Il est alors élevé à un statut quasi mythique et les statues, monuments et mémoriaux à son honneur fleurissent.

Après la mort de Lénine, la compétition fait rage pour recueillir la légitimité que son nom apporte. Le vocable marxisme-léninisme et celui de léninisme apparaissent, le premier constituant la doctrine officielle de l'URSS (jusqu'à la fin) et des principaux partis communistes dans le monde (mais beaucoup moins aujourd'hui).

 



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