Kim Il-sung
(15
avril 1912-8
juillet 1994)
a été le fondateur et le premier dirigeant de la Corée
du Nord de 1948
jusqu'à sa mort.
Kim Il-sung a occupé
les postes de Premier ministre de 1948
à 1972
et de président de la République à partir de 1972, mais la
réelle source de son pouvoir était son poste de Secrétaire général
du Parti
des ouvriers coréens ou Parti du travail de Corée.
La résistance au
Japon
Né sous le nom de
Kim Song-ju, Kim Il-sung a adopté son nom actuel dans la résistance
à l'envahisseur japonais. Il s'affirme dès les années
1930 comme un des principaux dirigeants de la guérilla communiste,
active notamment en Mandchourie[1].
Il rencontre dans les combats de la résistance son épouse Kim
Jong-suk, qui est également la mère de l'actuel
dirigeant de la Corée du Nord Kim
Jong-il.
Modernisation économique
et indépendance politique
Après la guerre
de Corée (1950-1953), la Corée
du Nord a reconstruit rapidement son économie en s'industrialisant
"au rythme de Chollima",
le cheval ailé des légendes coréennes qui parcourait 1 000
li par jour. Le taux de croissance économique, estimé à
plus de 10 % par an dans les années 1960, se ralentit ensuite puis
devient négatif au début des années 1990, sous l'effet de la
disparition des démocraties populaires en URSS et en Europe de
l'Est qui prive la Corée du Nord de ses partenaires traditionnels.
Kim Il-sung a défini
la diplomatie nord-coréenne selon une politique d'équilibre et d'indépendance
à l'égard de ses deux puissants voisins communistes, la
Chine et l'URSS, ce qui a longtemps contribué à lui donner
une image meilleure que celle d'autres dirigeants socialistes auprès
des chefs d'Etat et de gouvernement occidentaux. [2].
Conformément à cette volonté d'indépendance, les troupes
soviétiques ont quitté la Corée dès la fin de l'année
1948 et la Corée du Nord n'a jamais adhéré au COMECON.
En 1972, Kim
Il-sung a effectué des propositions en vue d'une réunification
pacifique de la Corée au sein d'une "République confédérale
démocratique de Koryŏ", consistant à proposer (selon
une formule comparable à celle aujourd'hui proposée pour la
Chine et Taïwan) un seul État pour deux systèmes.
Sa mort, survenue
lors d'une attaque cérébrale, a donné lieu à d'immenses scènes
de pleurs dans toute la Corée du Nord souvent interprétées comme
surréalistes en Occident. Les récits des réfugiés nord-coréens
témoignent toutefois de l'affection sincère des Nord-Coréens
envers leur président.
Le culte du Grand
Leader
La vénération
dont Kim Il-sung a été et est toujours l'objet en Corée
du Nord s'inscrit dans une filiation confucéenne qui a déifié
les empereurs de Corée et affirmé le principe du respect de l'autorité,
des pères et des maîtres. Ce "respect", selon le
terme utilisé par les Nord-Coréens, est aussi interprété par les
Occidentaux comme un culte
de la personnalité propre au stalinisme.
Tous les Nord-Coréens portent le badge du Grand Leader. Son
portrait orne l'ensemble des bâtiments officiels et est accroché
dans tous les logements privés en Corée du Nord.
Le « Grand
Leader » a reçu le titre posthume, en 1998, de
« Président éternel ». Il est le père
de l'actuel chef du pays, Kim
Jong-il, « le cher dirigeant » : la
Corée du Nord constitue ainsi le seul cas à ce jour d'une
succession dynastique dans un Etat se réclamant du socialisme,
et plus précisément des idées du juche
définies par le président Kim Il-Sung.
L'ère
officielle pour la datation des actes, en Corée du Nord, débute
à sa naissance en tant qu'année d'origine de l'ère juche.
L'ère juche débute au 1er janvier et non au 15 avril, date
anniversaire de la naissance du président Kim Il-sung qui est l'une
des fêtes nationales de la Corée du Nord.
Une orchidée
a été baptisée Kimilsungia
par référence au président Kim Il-sung.