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POIVOIR
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L'accession au pouvoir
Voir aussi la Chronologie
du Troisième Reich.
Hitler est finalement
nommé à la Chancellerie de la République
de Weimar le 30
janvier 1933,
avec le soutien de la droite et en particulier l'ancien Chancelier Franz
von Papen et le Parti
Populaire National Allemand (DNVP), dirigé par le magnat nationaliste
de la presse Alfred
Hugenberg, qui espèrent être en mesure de le contrôler.
Hitler obtient le soutien
de l'armée, déborde ses partenaires, et met en route la Gleichschaltung
(la « Mise au pas ») de l'Allemagne.
L'incendie
du Reichstag le 27
février, lui permet de limiter les libertés civiles et d'éliminer
ses opposants politiques, notamment les communistes du KPD. Le NSDAP
remporte les élections de mars 1933
avec 43.9% des suffrages. Le 23
mars, le Reichstag
vote la Loi
d'habilitation (Ermächtigungsgesetz) accordant à Hitler,
les pouvoirs spéciaux. Hitler les utilise pour interdire les syndicats,
et les partis
politiques.
Le 30
juin 1934,
durant la Nuit
des longs couteaux, fort du soutien bienveillant de l'armée, le
Chancelier fait assassiner plusieurs de ses partisans et de ses anciens
ennemis politiques. Parmi eux : Gregor
Strasser et Ernst
Röhm, chef de la SA.
La mort du président Hindenburg
est aussi celle de la République
de Weimar. En vertu de la Constitution, le Chancelier exerce
temporairement les pouvoirs du président défunt. Le 2
août 1934,
le Reichstag
vote une loi de fusion des deux fonctions en une seule : Hitler
devient Führer und Reichskanzler.
En septembre 1935,
Hitler, accentuant l'antisémitisme
d'état, proclame les lois
de Nuremberg interdisant aux Juifs l'accès des hautes fonctions
de l'état ou encore les mariages mixtes.
La popularité du Führer
provient notamment de son opposition au Diktat
de Versailles, des succès diplomatiques (rattachement de la Sarre,
remilitarisation de la Rhénanie,
accords avec Mussolini,
négociations avec la Grande-Bretagne)
et des succès économiques obtenus (notamment une importante réduction
du chômage) par sa politique de réarmement.
Encore qu'il ne faille pas oublier ni les conditions sociales et
politiques dans lesquelles les améliorations économiques ont été
obtenues, ni les pénibles situations de pénurie alimentaire et le manque
de devises dès 1935.
L'adhésion des Allemands à sa politique (et plus encore à
sa personne) fut importante, surtout au début.
Avec la complicité des
puissances européennes soucieuses d'éviter un nouveau conflit (notamment
à Munich
en 1938),
Hitler annexe un grand nombre de territoires voisins : l'Autriche
(l'Anschluss),
puis les Sudètes,
et la Tchécoslovaquie
en 1938.
En 1938,
il est élu homme de l'année par le Time
Magazine.
La Seconde Guerre
mondiale
Hitler a eu de brillantes
intuitions, lors de la première phase de la Seconde
Guerre mondiale, durant laquelle l'armée allemande mis en œuvre
la Blitzkrieg,
en particulier au cours de la bataille
de France en 1940.
Ces succès sont avant tout ceux de jeunes généraux brillants tels
que Heinz
Guderian ou Erwin
Rommel, qui savent faire preuve d'audace, d'initiatives et ont une
conception de la guerre plus moderne que leurs adversaires. La défaite de
la France en juin 1940, est l'occasion pour Hitler de profiter d'un véritable
triomphe, acclamé par la foule, à son retour à Berlin.
Avant l'invasion de la Russie un an plus tard, l'Allemagne hitlérienne
domine l'Europe, occupant la Bohème-Moravie,
la Pologne,
le Danemark,
la Norvège,
les Pays-Bas,
la Belgique,
le Luxembourg,
la France,
la Yougoslavie
et la Grèce,
et vassalisant la Slovaquie,
la Hongrie,
la Roumanie
et la Bulgarie.
Mais Hitler s'avére
être un commandant en chef brouillon et imprévisible, dédaigneux
de l'opinion de son état-major. Il peut compter sur la très grande
servilité de celui-ci, et en premier lieu du chef de l'OKW
(haut commandement des forces armées), Wilhelm
Keitel.
En décembre 1941, après l'échec des Allemands devant Moscou,
Hitler prend le commandement de la Wehrmacht
sur le front russe. Jusqu'à la débâcle de 1945, il ordonne
continuellement à ses troupes de ne pas reculer, en dépit des
rapports de force et des conditions du terrain, qu'il ne constate presque
jamais sur place. Cette attitude est particulièrement flagrante
lors de la bataille
de Stalingrad, quand il refuse à l'armée de Paulus
la permission d'opérer une retraite.
Ce manque de réalisme se double d'erreurs stratégiques. Sa première
grosse erreur a sans doute été d'ouvrir un deuxième front, en
envahissant l'immense URSS
sans avoir terminé la guerre contre le Royaume
Uni. Pendant la campagne en Russie du Sud de l'été 1942,
il divise un groupe d'armée en deux (l'un se dirigeant vers le Caucase,
l'autre vers Stalingrad), le rendant ainsi plus vulnérable. Lors de la bataille
de Normandie, il retarde l'envoi de Panzerdivisionen
pour rejeter les forces alliées, pensant que l'opération
Overlord est une diversion et que le vrai débarquement doit avoir
lieu dans le Pas-de-Calais,
ce qui était d'ailleurs l'objectif de l'opération
Fortitude, intoxication des services secrets alliés.
Le 20
juillet 1944,
à la Wolfsschanze,
Hitler est blessé dans un attentat
lors d'une tentative de coup
d'État d'officiers qu'il réprime durement.
Convaincu que l'Allemagne
ne pourrait survivre à une défaite devenue inéluctable, Hitler
ordonne le 19
mars 1945
la destruction des industries, des installations militaires, des magasins,
des moyens de transport et de communications. Cet ordre ne sera pas
respecté, notamment en raison de l'intervention d'Albert
Speer, ministre de l'armement et architecte du reich.
Le 30
avril 1945,
alors que l'Armée
rouge encercle Berlin, Adolf Hitler se suicide en compagnie d'Eva
Braun qu'il venait d'épouser, dans le Führerbunker. Dans son
testament politique, il écarte Hermann
Göring et Himmler
et désigne l'amiral Karl
Dönitz comme successeur.
Rumeurs post mortem
Nombre de rumeurs circulèrent
sur la possibilité qu'Hitler aurait survécu à fin de la guerre.
Le FBI mena des
enquêtes jusqu'en 1956 sur des centaines de pistes plus ou moins sérieuses.
Mais dès la chute de Berlin, les services secrets soviétiques
avaient récupéré une grande partie du corps.
En juin 1946,
les témoins, prisonniers de Beria,
sont transportés à Berlin, dans le parc du bunker. Ils indiquent
l’endroit où ils ont enflammé, puis enterré le corps de
Hitler et de sa femme.
L’emplacement
correspond à l’exhumation réalisée par le Smersh
un an plus tôt. On en profite pour procéder à de nouvelles
fouilles et on déterre quatre fragments de crâne. Le plus grand est
transpercé par une balle.
L’autopsie réalisée
fin 1945 se trouve en partie confirmée : les médecins y notaient en
effet l’absence d’une pièce maîtresse du crâne, celle
qui justement permet de conclure que Hitler s’est suicidé par arme
à feu. Le puzzle est désormais complet.
Ces éléments ne sont
toutefois pas diffusés par Beria. Staline
lui-même n’en est pas tenu informé, ce qui explique peut-être
qu’il ait soupçonné les Occidentaux d’avoir recueilli le
dictateur déchu. Quant aux restes des époux Hitler, ils sont pudiquement
oubliés. Il faut attendre 1970, et l’ère Brejnev,
pour que le chef du KGB Youri
Andropov les fasse détruire par le feu.
Mais le crâne et les
dents de Hitler, conservés dans les archives, échappent à la crémation.
On n’en apprend l’existence qu’après la chute de
l’URSS. En 2000,
la partie supérieure du crâne du dictateur devient même
l’une des curiosités d’une exposition moscovite organisée
par le Service fédéral des archives russes pour marquer le
cinquante-cinquième anniversaire de la fin de la guerre.