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JEUNES ANNEES
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Adolf Hitler (20
avril 1889
à Braunau
am Inn, Autriche
– 30
avril 1945
à Berlin, Allemagne),
est un homme politique et chef d'État allemand.
Convaincu d'être désigné
par le destin,
il s'engage en politique. Brillant orateur et propagandiste
hors pair, il mobilise rapidement de nombreux partisans. Il adhère
en 1919 au
DAP, futur NSDAP
(ou parti nazi).
S'appuyant sur les
revendications allemandes à l'issue de la Première
Guerre mondiale (en dénonçant le Diktat
du Traité
de Versailles de 1919)
, puis sur les conséquences de la crise économique des années 1930,
il accède à la Chancellerie d'Allemagne le 30
janvier 1933.
En quelques mois, de janvier à juillet 1933,
la République
de Weimar bascule dans la dictature
et la terreur.
À la fois Reichspräsident
et Reichskanzler
(Président et Chancelier du Reich) après le plébiscite d'août
1934, il
devient réellement le Reichsführer. Il viole le Traité
de Versailles en réarmant l'Allemagne,
en occupant et en annexant des territoires, avec la complicité passive
des puissances européennes qui redoutent une nouvelle guerre. Le 1er
septembre 1939,
il s'attaque à la Pologne
et déclenche la Seconde
Guerre mondiale.
Parallèlement
à sa politique d'agression nationaliste, il met sur pied l'un des
plus grand génocide
de l'Histoire. Il ordonne ainsi l'élimination des handicapés, des Tsiganes,
des homosexuels,
des Franc-Maçons,
des résistants, des multirécidivistes, des Témoins
de Jéhovah, des asociaux, et, conformément à ce qu'il laisse
entrevoir dans Mein
Kampf, l'extermination systématique des Juifs.
Adolf Hitler, principal instigateur de la Solution Finale (la Shoah),
est directement responsable de la mort d'environ 5 millions d'êtres
humains dans les camps
de concentration et les camps
d'extermination et lors des tueries de masse sur le front de l'Est par
les Einsatzgruppen.
Se terrant dans son
bunker de Berlin,
il s'y suicide le 30
avril 1945,
pour échapper à l'Armée
Rouge. Le régime
nazi ne lui survivra que quelques jours. Les principaux responsables
du régime seront jugés lors du Procès
de Nuremberg.
Jeunes années
Arbre généalogique
d'Adolf Hitler
Adolf Hitler naît le 20
avril 1889
à 6h30 dans l'auberge Gasthof zum Pommer à Braunau
am Inn, une petite ville de Haute-Autriche
près de la frontière austro-allemande.
Il est le quatrième des six enfants d'Alois
Hitler et de Klara
Pölzl. La plupart des enfants meurent en bas âge ; seule sa sœur
cadette Paula († 1960)
lui survivra.
Alois
Hitler, le père d'Adolf, est douanier. Né hors mariage en 1837,
Alois porte d'abord le nom de famille de sa mère, Maria
Anna Schicklgruber, mais en 1876,
il est légitimé et obtient le droit de porter le nom Hitler.
Adolf n'utilisera jamais d'autre patronyme, et Schicklgruber ne
ressurgira que plus tard chez ses opposants politiques.
L'arbre
généalogique d'Adolf Hitler laisse cependant planer de fortes
suspicions de consanguinité. Certains ont même suspecté du sang
juif chez son père. L'incertitude relative à ses origines
n'est pas sans conséquence. Ainsi après l'Anschluss
en 1938, il
fera détruire Döllersheim,
le village natal de son père, en le transformant en place de tir.
L'enfance d'Adolf se
passe sous la stricte discipline d'un père âgé, fonctionnaire
retraité dès 1895.
Dans son ouvrage "Am Anfang war Erziehung" (traduit en
français sous le titre C'est pour ton bien), Alice
Miller analyse les liens entre cette éducation répressive et la
suite de la biographie de Hitler. Le 3
janvier 1903,
son père meurt, suivi le 21
décembre 1907
par sa mère qui succombe à un cancer.
Élève médiocre
à partir de son entrée à la Realschule de Linz (lycée), Hitler refuse de suivre la voie paternelle. Mais il échoue par
deux fois à l'examen d'entrée de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne
en 1907 et 1908.
Autodidacte, grand lecteur et admirateur de la musique de Richard
Wagner, il développe un intérêt profond pour l'architecture.
Il enchaîne les petits boulots, vivant dans une misère constante
durant cinq ans. Plus tard, dans Mein
Kampf, il écrira :
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« Cinq
années pendant lesquelles je dus, comme manœuvre d'abord,
ensuite comme petit peintre, gagner ma subsistance, maigre subsistance,
qui ne pouvait même pas apaiser ma faim chronique. Car la faim
était alors le gardien fidèle qui ne m'abandonna jamais, la
compagne qui partagea tout avec moi. Chaque livre que j'achetai eut sa
participation ; une représentation à l'Opéra me valait
sa compagnie le jour suivant ; c'était une bataille continuelle
avec mon amie impitoyable. J'ai appris cependant alors comme jamais
avant. Hors mon architecture, hors les rares visites à l'Opéra,
fruit de mes jeûnes, je n'avais d'autre joie que des livres
toujours plus nombreux. »
Adolf Hitler assiste aux
séances du Parlement autrichien, il écrira plus tard son mépris pour la
démocratie
et le parlementarisme.
Il étudie les thèses pangermanistes
et observe l'influence de la politique sur les masses.
Au printemps 1913,
pour éviter son enrôlement dans l'armée de l'Empire
austro-hongrois, État multiethnique qu'il exècre, il s'enfuit
à Munich
et vit en vendant ses peintures de paysages. Sa tentative d'échapper
à la conscription est remarquée, mais, après avoir été
refusé lors d'un examen médical à son retour en Autriche
(pour faiblesse de constitution), il retourne à Munich.
La Première
Guerre mondiale
En 1914,
exalté par l'entrée en guerre
de l'Allemagne, Hitler s'engage comme volontaire. Il se bat sur le front
Ouest dans le 16e
régiment d'infanterie bavarois. Soldat enthousiaste, tranchant
à cet égard sur beaucoup de ses compatriotes, il est apprécié de
ses pairs et supérieurs. Il remplit pendant presque toute la durée de la
guerre la mission d'estafette entre les officiers. Blessé une première
fois à la cuisse, puis aveuglé temporairement par une attaque au gaz
moutarde près d'Ypres
en Belgique
à la fin de la guerre, le caporal
Hitler est décoré de la Croix
de fer, Première Classe (distinction rarement accordée
à un soldat engagé mais facilement octroyée à une
estafette du fait de ses contacts avec les officiers) pour avoir accompli
le dangereux transport d'une dépêche en 1918.
Quand la guerre prend fin Hitler est à l'hôpital de Pasewalk,
il est anéanti à l'annonce de la capitulation allemande. Il prétendra
dans Mein Kampf y avoir eu une vision patriotique. À sa
sortie de l'hôpital en novembre 1918,
il retourne dans son régiment de Munich.
Le combat politique
Voir aussi la Chronologie
de la République de Weimar.
La Bavière
est alors entre les mains d'un gouvernement révolutionnaire, la Räterepublik ;
sa caserne est dirigée par un Soviet (« conseil »).
Dégoûté, Hitler quitte Munich
pour Traunstein.
Dans Mein
Kampf, Hitler donne de cet épisode un récit plutôt elliptique,
mais assez clair quant à sa vision du monde :
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« En
mars 1919,
nous étions de retour à Munich.
La situation était intenable et poussait à la continuation de
la révolution. La mort d'Eisner
ne fit qu'accélérer l'évolution et conduisit finalement à la
dictature des soviets,
pour mieux dire, à une souveraineté passagère des Juifs,
ce qui avait été originairement le but des promoteurs de la révolution
et l'idéal dont ils se berçaient.
-
[...]
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Au cours de cette
nouvelle révolution de soviets, je me démasquai pour la première
fois de telle façon que je m'attirai le mauvais oeil du soviet
central.
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Le 27
avril 1919,
je devais être arrêté, mais les trois gaillards n'eurent
point le courage nécessaire en présence du fusil braqué sur eux et
s'en retournèrent comme ils étaient venus.
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Quelques jours après
la délivrance de Munich,
je fus désigné pour faire partie de la Commission chargée de l'enquête
sur les événements révolutionnaires dans le 2e régiment d'infanterie.
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Ce fut ma première
fonction active à caractère politique. »
Hitler reste dans l'armée
jusqu'au 31
mars 1921
et est chargé de surveiller un groupuscule politique, le Parti
ouvrier allemand (Deutsche Arbeiterpartei, DAP). Remarqué lors
de l'une de ses interventions, il finit par y adhérer, et le transforme NSDAP
Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (« Parti
National Socialiste des Travailleurs Allemands »). En avril 1921,
il devient le chef du parti. Du fait de ses talents d'organisateur et d'orateur,
le parti gagna rapidement en popularité.
Les 8
et 9
novembre 1923,
il conduit le coup
d'État avorté connu comme le Putsch
de la brasserie. Le NSDAP
est aussitôt interdit. Arrêté, Hitler est accusé de conspiration
contre l'État et condamné pour "haute trahison" le 1er
avril 1924
à cinq ans de prison, qu'il purge à Landsberg
am Lech. Pendant sa détention, il écrit Mein
Kampf (Mon combat), autobiographie et manifeste politique.
Après seulement 13 mois de détention et malgré l'opposition déterminée
du procureur Stenglein,
il bénéfice d'une libération conditionnelle le 20
décembre 1924.
Craignant d'être
expulsé vers l'Autriche,
Hitler renonce à la nationalité
autrichienne le 30
avril 1925.
Devenu apatride,
et bien qu'il soit interdit de parole en public jusqu'en 1927,
il reconstruit son parti et retrouve une certaine popularité. C'est de
cette époque que date l'entrée en scène de Joseph
Goebbels l'un de ses plus fidèles soutiens. En 1928,
le NSDAP
semble pourtant marquer le pas et peine à remonter la pente :
seuls 2,6% des votants lui accordent leur confiance aux élections législatives
du 20 mai.
Mais l'instabilité
politique (décès de Gustav
Stresemann, chute du chancelier Hermann
Müller, remplacé par le gouvernement conservateur et autoritaire de Brüning
du Zentrum)
et surtout les conséquences catastrophiques de la crise
de 1929 sur l'économie allemande très dépendante des États-Unis,
apporte au NSDAP
un succès foudroyant et imprévu aux élections du 14
septembre 1930 :
avec 18,3% des voix et 107 sièges, le parti nazi est le second du Reichstag).
Le septennat
du président Hindenburg
se terminant le 5
mai 1932,
la droite et le Zentrum,
afin d'éviter de nouvelles élections, proposent de renouveler tacitement
le mandat présidentiel. L'accord des Nazis
étant nécessaire, Hitler exige la démission du chancelier Brüning
et de nouvelles élections parlementaires. Hindenburg
refuse. Le 22
février 1932, Goebbels
annonce la candidature d'Adolf Hitler à la Présidence de la République.
Le 26
février, Hitler est opportunément nommé Regierungsrat,
fonctionnaire d'état, ce qui lui confére automatiquement la nationalité
allemande.
Après une campagne
électorale sans précédent sur le plan de la propagande,
Hitler obtient 30% des voix au premier tour le 13
mars 1932
et 37,3% au second tour en avril. Hindenburg est réélu. Lors des
scrutins régionaux qui suivent l'élection présidentielle le NSDAP
renforce ses positions.
En 1932,
la situation se dégrade sur les plans économique et social (plus de 6
millions de chômeurs à la fin de l'année). L'agitation et l'insécurité
politique sont à leur comble. Le gouvernement est incapable de réunir
une majorité. Engagé dans un bras de fer avec Hitler, le président Hindenburg
refuse toujours de le nommer chancelier. Toutes les tentatives de
conciliations échouent. Même la baisse de popularité du NSDAP
aux élections de novembre n'entame en rien sa détermination.