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الطاغية.
 

 

FRANCO


By Wikipedia

 

La dictature de Franco

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Espagne reste officiellement neutre mais soutient l'Allemagne au début de la guerre: en juin 1941, Franco envoie une division sur le front de l'Est contre l'Union Soviétique (cette unité appelée la "Division Azul", ou Division Bleue, qui combat sur le front de Léningrad) ; en août de la même année, il autorise le régime nazi à recruter 100 000 ouvriers espagnols « volontaires » pour aller travailler en Allemagne ; les navires de guerre allemands peuvent se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols ; les services secrets espagnols et allemands collaborent pour recueillir des renseignements sur les Alliés ; l'Espagne fournit le tungstène indispensable à l'industrie d'armement allemande.

Mais l'Espagne ne s'engagea pas finalement militairement aux côtés de l'Allemagne en octobre 1940 comme le souhaitait Ramon Serrano Suner, ministre des affaires étrangères jusqu'en 1942 et beau-frère de Franco. Cette non intervention est due, comme le souligne Joseph Pérez, aux exigences trop élevées et irréalistes de Franco, comme la prise de possession des colonies françaises du bassin méditerranéen. Ces exigences irréalistes étaient elles-voulues ? Pour Joseph Pérez, elles ne résultent pas d'un quelconque calcul : la volonté de Franco de s'impliquer est réelle. Pour Bartolomé Bennassar, Franco gagnait du temps et laissait se faire les luttes d'influence au sein de son gouvernement. Il n'avait pas non plus les moyens d'engager l'armée au côté de l'Allemagne alors que le pays était en pleine répression.

A son retour d'Hendaye où il a rencontré Franco, Hitler exprime son mépris pour le personnage (qui l'a fait attendre d'ailleurs en gare). De plus, Hitler ne voulait pas mécontenter le Maréchal Pétain, dirigeant d'un pays aux richesses abondantes, pour obtenir le maigre appui d'une Espagne exsangue. Si Franco semble avoir été aussi sensible à la théorie du « complot judéo-maçonnique », de nombreux juifs passeront cependant la frontière pyrénéenne pour se réfugier en Espagne, avant, pour certains, de gagner d'autres pays. Ainsi Franco aurait évité la déportation de 60 000 juifs, descendants de ceux expulsés en 1492 par les Rois catholiques, en s'interposant auprès de Hitler. Ils furent reconnus comme citoyens espagnols et autorisés à retourner en Espagne.

Devant les pressions américaines (les États-Unis fournissent le pétrole à l'Espagne), les problèmes économiques soulevés par l'autarcie sur laquelle essaie de s'appuyer le régime et la résistance victorieuse de la Grande-Bretagne, Franco reste en retrait et abandonne peu à peu son soutien aux forces de l'Axe à partir de l'été 1943. Son meilleur allié est à l'époque Antonio de Oliveira Salazar, bien que les relations personnelles entre les deux hommes soient tendues mais le dictateur Salazar est soutenu par les Britanniques.

Armoiries de l'Espagne franquiste

 

Armoiries de l'Espagne franquiste

À la fin de la guerre, le régime est très fragile : la situation économique, laissé par la Guerre est désastreuse. L' autorité de Franco est condamnée quasi unanimement par la communauté internationale. Cependant, dès 1945, les britanniques épargnent et soutiennent indirectement le régime franquiste contre les français qui soutiennent l'isolement de l'Espagne (isolement approuvé lors de la conférence de Postdam). A partir du discours sur le rideau de fer, l'Espagne va apparaître vite comme un rempart contre le communisme aux yeux des anglo-saxons et les rapports se détendent. Le régime reprend contact avec les Britanniques et les américains via son ambassade au Portugal et postule à l'OTAN au début des années 50. Franco autorise les États-Unis à implanter 4 bases sur le territoire espagnol en septembre 1953 (traité hispano-américain).

Le régime gagne peu à peu sa légitimité. L'Espagne entre à l'ONU en 1955 puis le président américain Dwight Eisenhower, un des grands vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, vient en Espagne en 1959 et défile triomphalement en voiture décapotable à Madrid au côté de Franco. Le régime est sauvé.

La loi sur les principes fondamentaux du Movimiento Nacional est votée le 17 mai 1958 alors que le régime évolue et quitte définitivement ses oripeaux fascistes sous l'influence de l'Opus Dei.

Le régime se libéralise peu à peu dans les années 1960 sur le plan économique, beaucoup moins sur le plan politique où le Caudillo règne sans partage.

Les infrastructures (chemins de fer et réseaux routiers) sont modernisées et un gigantesque système hydraulique (barrages et irrigation) est construit pour contrer les effets de la sécheresse. L'agriculture espagnole atteint alors un développement colossal qui fait trembler (notamment en France) à l'idée que ce pays puisse entrer dans le Marché commun. Le taux de croissance atteint alors 8% par an.

Evolution du régime franquiste

La fin du régime franquiste

Sépulture du général Franco

 

Sépulture du général Franco

En 1969, c'est devant les Cortès espagnols que Franco désigne Juan Carlos pour lui succéder à sa mort, en tant que Roi d'Espagne.

Au début des années 1970, malade, Franco se résout à nommer un premier ministre pour diriger son gouvernement. Il choisit son bras droit, l'amiral Luis Carrero Blanco. Celui-ci est tué dans un attentat des Basques de l'ETA le 20 décembre 1973 à Madrid.

De plus en plus affecté par la maladie de Parkinson qui le ronge depuis 1969, Franco est victime d'un refroidissement en 1975, puis d'une hémorragie interne qui entraîne son transfert à l'hôpital de la Paz. Après une opération le 14 octobre, il est dans le coma. Il sera maintenu en vie artificiellement afin, selon certains auteurs, de laisser que le prince Juan Carlos accepte le 30 octobre d'assumer les fonctions de chef de l'État. Malgré sa maladie, il signe les dernières sentences à la peine de mort de 8 activistes de l'ETA et le FRAP, et autorise le retrait du Sahara espagnol qui sera ensuite annexé par le Maroc. La fille du dictateur agonisant persuade les médecins de le laisser mourir. Il s'éteint le 20 novembre 1975 à 5 h 20 du matin. Le bulletin officiel annonçant le décès énumère ainsi les causes de la mort :

« Maladie de Parkinson, cardiopathie, ulcère digestif aigu et récurrent avec hémorragies abondantes et répétées, péritonite bactérienne, insuffisance rénale aiguë, thrombophlébite, broncho-pneumonie, choc endotoxique et arrêt cardiaque. »

Franco fut inhumé à la basilique Sainte-Croix del Valle de los Caìdos Comme il était prévu depuis longtemps, la monarchie fut rétablie après sa mort en la personne de Juan Carlos Ier, petit-fils du dernier roi d'Espagne (Alphonse XIII).

Postérité franquiste

L'héritage principal de Franco est le retour de la Monarchie en Espagne mais aussi indirectement le terrorisme de l'ETA et la situation du Sahara Occidental. Trois autres principes imposés par le Caudillo à son successeur ont été respectés pendant le processus de transition :

  • seuls les Cortès franquistes et le Mouvement National (parti unique) peuvent décider de leur propre dissolution, qui fut achevée le 1er avril 1977

  • aucune chasse aux sorcières contre des militaires ou des membres de l'administration ne serait effectuée en cas de démocratisation du régime, ce qui n'empêcha pas la tentative de putsch du 23 février 1983 et l'épuration de l'Armée qui suivit

  • l'unité de l'Espagne ("Una, Grande et libre") doit être maintenue, ce qui signifie pas d'indépendance pour la Catalogne, ni pour le Pays Basque. Pourtant, peu de temps après la création de l'État, l'établissement des Communautés autonomes (Autonomias) sera inscrit dans la nouvelle Constitution de 1978.

Projet de recommandation de condamnation du régime par le Conseil de l'Europe (2006)

Le 4 novembre 2005, un projet de Recommandation émanant de la Commission des questions politiques de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe déclare la Nécessité de condamner le franquisme au niveau international [1].

Ce projet, qui devrait être débattu en mars en commission permanente de l'assemblée, soutient que "la violation des droits de l’homme n’est pas une affaire interne qui ne concerne que l'Espagne seule, raison pour laquelle le Conseil de l’Europe est prêt à engager un débat sérieux sur ce sujet au niveau international.

En outre, le projet de rapport recommande au Conseil des Ministres de déclarer le 18 juillet 2006 comme journée officielle pour condamner le régime franquiste.

 


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