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Francisco Paulino
Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde Salgado Pardo de Andrade,
plus couramment appelé général Franco (né le 4
décembre 1892
à Ferrol
(Galice)
en Espagne,
décédé le 20
novembre 1975
à Madrid
en Espagne)
était un militaire et homme
d'État espagnol.
Il exerça la fonction de chef de l'État espagnol de 1939
à 1975,
présidant un gouvernement autoritaire et dictatorial avec le titre de Caudillo
(guide) : « Generalísimo Francisco Franco, caudillo de
España por la gracia de Dios ».
Biographie
Jeunesse et formation
Franco naît à Ferrol,
un port de Galice.
Véritable ghetto militaire, Ferrol est un milieu fortement marqué par la
tradition militaire et le dévouement à l'État, où la
famille Franco vit depuis sept générations. Son père, Nicolás
Franco Salgado-Araujo, est intendant général de la Marine. Coureur de
jupons, il n'est pas à l'aise dans le milieu très
conservateur de Ferrol. Sa mère, Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade,
est une femme très pieuse, très attachée à ses
enfants. Francisco est baptisé
dans la paroisse San Francisco du quartier des officiers le 17
décembre 1892.
Surnommé Paquito
par ses camarades à cause de sa petite taille, il est d'abord envoyé
dans une école privée, puis passe deux ans au collège du Sacré-Cœur,
avant d'entrer à l'École de préparation navale. Élève
moyen, il se destine naturellement à la marine, comme sa tradition
familiale l'y incite et comme tous les enfants de Ferrol. La fermeture de
l'École navale de Ferrol en 1907
le contraint à chercher une autre voie. Le 29
août 1907,
il entre alors à l'Académie d'infanterie de Tolède.
La même année, son père est promu à Madrid,
lassé du milieu militaire fermé du Ferrol. Ses relations avec sa femme
s'étant dégradées, il insiste pour que sa famille ne le suive pas. On
apprend peu après qu'il a une maîtresse en ville : la séparation
est alors définitive.
L'Académie de Tolède
est de niveau médiocre : son concours d'entrée consiste en un
examen de la maîtrise des quatre opérations arithmétiques et une vérification
rapide de la constitution physique. Ses cours sont également assez
sommaires. En 1910,
Franco en sort 251e sur 312. Ces maigres performances doivent
cependant être relativisée au regard de son jeune âge : il
n'a que 18 ans alors que ses camarades sont plutôt âgés de 20 ou 21 ans.
Le 13
juillet, il est promu segundo teniente, c'est-à-dire
sous-lieutenant.
Carrière
militaire
Une fois sa formation
achevée, Franco est affecté à la garnison du Ferrol. Il y mène
une vie de garnison, terne et monotone. Dès février 1912,
il doit partir pour le Maroc,
dans le 8e Régiment d'Afrique.
Au Maroc
Le 19
mars 1912,
il essuie le premier feu ennemi. Déterminé à sortir de l'anonymat,
il demande en 1913
à être affecté au régiment des réguliers indigènes,
réputé pour sa bravoure mais aussi pour sa loyauté incertaine. Il
participe à de nombreuses opérations et le 12
octobre, obtient la croix du mérite militaire, première
classe. Dès le mois de mars 1915,
il est promu capitaine. Peu à peu sa légende prend forme :
les Maures
le pensent invulnérable.
Cette réputation prend
fin en mars 1915 :
il est très grièvement blessé au ventre, au cours d'une
attaque contre le fort d'El-Biutz. Il est alors promu commandant, malgré
l'avis défavorable du Haut Conseil militaire. Alphonse
XIII a en effet intercédé en sa faveur, à sa demande. Il reçoit
le commandement d'un bataillon d'infanterie cantonné à Oviedo,
aux Asturies.
Franco y découvre pour la première fois le prolétariat, les
ouvriers-mineurs, dont les conditions de vie sont misérables. Cette expérience
marquera beaucoup ses opinions sociales. Au cours de l'été 1917,
le général Burguete, gouverneur militaire de la province, décrète
l'état de guerre en réponses à de violentes grèves dans
les mines. Franco assiste alors à la répression.
À la Légion
En 1919,
Franco rencontre le lieutenant-colonel José
Millan-Astray, dont l'ambition est de créer une unité militaire d'élite
selon le modèle français de la Légion
étrangère. En 1920, son projet est accepté. Millan-Astray
offre à Franco le commandement de la 1e bandera (bataillon),
lequel part cantonner à Ceuta
en octobre. Franco impose à ses légionnaires un entraînement très
strict. Parallèlement, il se montre impitoyable face aux révoltes
indigènes. Après le désastre d'Anual en 1921,
il autorise ses hommes à appliquer la loi du talion :
les légionnaires mutilent, pillent, violent et tuent à leur tour.
Suite à ce désastre, il est appelé à Melilla
pour reconquérir le terrain face à Abd
el-Krim.
En janvier 1922 il est de
nouveau affecté à Oviedo. Il reçoit la médaille militaire et est
nommé lieutenant-colonel. Il profite de sa gloire nouvelle pour demander
en mariage Carmen Polo Martinès-Valdès, jeune fille de la
bonne bourgeoisie, rencontrée lors de sa première affectation en
1917. Le mariage est reporté suite au décès du commandant de la Légion :
Franco le remplace, sur recommandation du roi. Il se marie finalement le 22
octobre 1923.
Le 13
septembre 1923,
Miguel
Primo de Rivera a instauré un régime dictatorial par un coup d'État
. Face aux difficultés rencontrées au Maroc, il songe à un
retrait. Pendant les mois de novembre et décembre 1924, Franco doit
effectivement superviser l'évacuation de Xanten.
Sa bonne conduite le fait nommer colonel. Peu après, Abd el-Krim s'attaque
à des populations françaises. En réponse, la France s'allie
à l'Espagne. Primo de Rivera approuve un plan de débarquement
à Alhucemas. C'est un succès : Franco est élevé au
rang de général de brigade en février 1926, ce qui fait de lui le plus
jeune général d'Europe — il n'a alors que 33 ans. Quelques mois
plus tard naît la fille de Franco, Maria del Carmen, surnommée Nenuca.
Les honneurs se succèdent pour lui ; en 1927,
il est même chargé d'accompagner le roi dans son voyage officiel en
Afrique.
L'Académie militaire de
Saragosse
Le 4
janvier 1928,
Primo de Rivera recrée l'Académie générale de Saragosse. Cette fois,
il en fait un passage obligé pour tous les futurs officiers, et nomme
Franco à sa tête. Ce dernier surveille étroitement d'abord
les travaux de construction des bâtiments puis, s'inspirant de son expérience
tolédane, rédige lui-même le règlement intérieur de l'Académie.
Il impose ainsi des chambrées de trois cadets « pour éviter
les mariages. »
Suivant leur appréciation
du personnage lui-même, les historiens jugent de manière
variable le travail de Franco à l'Académie. Il est certain que la
nouvelle école militaire est meilleure que l'ancienne, ne serait-ce qu'en
raison de l'élévation du niveau de recrutement (baccalauréat élémentaire).
Franco impose l'anonymat des copies au concours d'entrée, diminue le
nombre d'élèves par professeur, installe de nombreuses douches,
interdit le bizutage
et fait même distribuer des préservatifs aux étudiants. Il sait se
faire respecter, voire apprécier : 90 % des 720 officiers formés
par l'Académie rejoignent ensuite le camp franquiste pendant la guerre
civile.
En juillet 1931, la Seconde
République supprime par décret l'école. Comme l'ensemble du corps
enseignant, Franco est placé en disponibilité forcée et surveillé.
Malgré tout, il ne participera pas à la Sanjurjada,
tentative de coup d'État du général Sanjurjo
en août 1932. Ayant suffisamment satisfait aux enquêtes de la
république, il est affecté à La
Corogne comme commandant de la XVe Brigade d'infanterie, en
février 1932. Franco gardera à Manuel
Azaña, chef du gouvernement, une rancune tenace de cette période
de quarantaine.
La guerre civile
Voir l'article détaillé :
Guerre
civile espagnole
Dans le climat révolutionnaire
qui règne en Espagne, Franco est observé de tous les côtés. Il
paraît l'un des militaires les plus susceptibles de prendre la tête
d'un soulèvement armé. Pour cette raison, il est nommé gouverneur
militaire aux îles
Canaries. En fait, Franco est alors peu convaincu par l'opportunité
d'un coup d'État. C'est sous la IIe République qu'il a
atteint l'apogée de sa carrière. Bien que monarchiste d'éducation,
il se satisfait d'une république bourgeoise, conservatrice et maintenant
l'ordre. Il est peu enclin à risquer sa carrière dans une
aventure mal préparée.
De fait, Franco n'est ni
l'inspirateur, ni l'organisateur de la tentative de coup d'État de 1936
contre le gouvernement en place, alors mené par le Frente
Popular : c'est Emilio
Mola. Certes, il est au courant depuis le début des activités des
conjurés, mais il attend le 13
juillet, date de l'assassinat du chef monarchiste, José
Calvo Sotelo, pour les rejoindre.
Franco se voit attribuer
l'armée du Maroc, forte de 30 000 hommes aguerris, véritable fer de
lance du complot. La mort accidentelle de Sanjurjo, chef historique de l'opposition
monarchiste, et les échecs des généraux Goded et Fanjul à Barcelone
et Madrid
propulsent Franco sur le devant de la scène.
Le pronunciamento
échoue par manque d'adhésion de l'armée : sur 21 généraux de
division, seuls 4 se rallient au soulèvement. C'est à ce
moment que les milices ouvrières, qui ne croient pas en les capacités
du gouvernement à faire face, entrent sur scène. Elles font
régner la terreur à Madrid et Barcelone, provoquant ainsi l'exil
de nombreux intellectuels, comme José
Ortega y Gasset. Le conflit se transforme alors en une guerre
civile.
Franco se décide alors
à acheter 12 avions italiens, payés par son ami le banquier Joan
March, ainsi que des Junkers
allemands, afin d'établir un pont aérien reliant le Maroc à Séville.
Au mois d'août, il lance un convoi naval à partir de Ceuta,
forçant ainsi le blocus établi par la République. Encore une fois, il
est servi par la division de ses adversaires : désorganisée par les
mutineries socialistes et anarchistes au sein des équipages, la flotte
gouvernementale ne peut arrêter le convoi de Franco. Il réussit
ainsi à transporter 23 400 hommes.
Jusqu'alors, Franco reste
neutre sur la nature du régime qu'il entend donner à l'Espagne. Sa
déclaration du 21
juillet 1936
s'achève même par « vive l'Espagne et vive la République » :
le Mouvement est dirigé contre le Front populaire, et non la République
à proprement parler. Lors de la création de la « Junte
de défense nationale », le 23
juillet, on ne relève également aucune indication sur le régime
souhaité, ni aucune connotation religieuse.
Très vite, les
atrocités surviennent. Le 1er
août, Franco confie à Juan
Yagüe trois colonnes, chargées d'effectuer la jonction avec l'armée
du Nord, en passant par l'Estrémadure.
Yagüe est un ancien camarade de l'Académie de Tolède. Le 14
août, il s'empare de Badajoz,
où il fait fusiller 2 000 prisonniers de guerre. Alors que la
presse internationale se scandalise, Franco félicite Yagüe, lequel
menace Madrid en septembre. Parallèlement, le cabinet Giral
chute, remplacé par celui de Largo Caballero.
Alors que la guerre
civile paraît devoir prendre fin rapidement, Franco décide, à l'étonnement
général, de suspendre la marche sur Madrid. Il détourne l'armée d'Afrique
pour porter secours aux défenseurs de l'Alcazar.
De ce fait, il sacrifie un objectif militaire au profit d'un geste
politique. La légende des cadets de l'Alcazar constituera l'un des éléments
de la mythologie franquiste. On a pu également suggérer qu'il était de
l'intérêt de Franco de faire durer la guerre, afin de mieux
« nettoyer » le terrain. Il est ainsi avéré que
Franco a refusé toute médiation durant la guerre, même celles émanant
du Saint-Siège.
Le 21
septembre, la Junte de défense se réunit, et Franco est nommé général
en chef. Le 28,
la fonction de chef de l'État lui est adjointe par décret. Le 1er
octobre, à Burgos,
il est investi des pleins pouvoirs. L'évêque de Salamanque
compare le Mouvement à une croisade,
introduisant ainsi un motif religieux jusque là absent.
Durant ce mois, les
grandes puissances européennes, malgré les accords de non-intervention,
s'engagent dans la guerre civile. L'URSS
par ses chars (peu nombreux) et les Brigades
internationales (2 000 hommes au début) appuient le Front populaire
et ses défenseurs — CNT
et FAI
(anarchiste),
POUM (marxiste),
PC
(staliniste),
UGT (socialiste).
En face, l'Allemagne
nazie
et l'Italie
fasciste
se rangent dans le camp de l'insurrection militaire en envoyant d'important
contingents d'hommes et de matériels. Le 26
avril 1937,
jour de marché, une centaine d'avions de la légion Condor (Luftwaffe)
procède au bombardement de la ville basque de Guernica,
sans motif militaire autre que celui de terroriser une population acquise
au gouvernement républicain. C'est la première fois qu'une ville
européenne est soumise à un tel traitement. Sur les 7 000
habitants, 1 645 sont tués et 889 blessés, selon les chiffres du
Gouvernement basque.
Le 3
juin, Mola était mort dans un accident, laissant ainsi Franco sans
rival. À la tête de l'armée, avec le titre de généralissime,
il prend peu à peu le contrôle de l'Espagne. Un manque chronique
d'effectifs le pousse à enrôler de force dans les régions qu'il
contrôle. On compte également de nombreux engagements volontaires, 60
000 par exemple pour les Canaries.
Il recrute également des alfereces (sous-lieutenants) provisoires :
il s'agit d'étudiants ou de jeunes cadres bénéficiant d'une formation
militaire accélérée. 30 000 sont ainsi recrutés pendant la Guerre
civile. Sur ce chiffre, un tiers demeurera dans l'armée, le reste
constituant les futurs cadres du régime franquiste.
La guerre civile se
termine en avril 1939, après la bataille de l'Ebre (de juillet–octobre
1938), qui
sonne le glas des espoirs républicains, et la conquête de la
Catalogne. Franco se retrouve seul maître de l'Espagne et il devient
officiellement "Chef de l'état". Il impose alors une dictature
empirique sur les principes du national-catholicisme.
Les démocraties ne tardent guère d'ailleurs à reconnaitre
le nouveau régime et la France envoie le Maréchal
Pétain comme premier ambassadeur dès le défilé de la
victoire à Madrid.
A la fin de la guerre
civile, on dénombre plus de 150 000 soldats morts durant les combats (autant
de civils). Plus de 440 000 républicains espagnols se sont réfugiés en
France (comptabilisés au 9
mars 1939)
puis encore des dizaines de milliers d'autres les rejoignent contraints
à l'exil pour échapper à la terrible répression qui s'abat
alors sur l'Espagne (plus de 30 000 exécutions sommaires). Des
estimations récentes donnent le chiffre de plus de 200 000 personnes
fusillées ou mortes suites aux mauvais traitement dans les prisons
franquistes et le camp de concentration de Miranda après 1939.
Conscient de son inexpérience
en matière politique, Franco s'appuya sur son beau-frère, Ramon
Serrano Suñer, la Phalange
et l'Église catholique,
ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de
1936, sans oublier les monarchistes (carlistes,
conservateurs et autres).
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