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CEAUSESCU


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By Wikipedia

Nicolae Andruþã Ceauºescu était un homme d'État roumain, né le 26 janvier 1918 à Scorniceºti, mort le 25 décembre 1989 à Târgoviºte.

 

Jeunesse

Il déménagea à Bucarest en 1929, à 11 ans, pour y apprendre le métier de cordonnier. La légende veut qu'il ait adhéré au Parti communiste de Roumanie dès 1932 et ait été arrêté l'année suivante pour activités séditieuses au cours d'une grève. Il fut de nouveau arrêté en 1934, après avoir collecté des signatures pour une pétition s'insurgeant contre un procès fait à des cheminots. La fiche de police qui le concerne contiendrait les appréciations suivantes : « dangereux agitateur communiste » et « activiste de la propagande communiste et anti-fasciste ». Après sa libération, il entra dans la clandestinité, avant d'être arrêté une troisième fois en 1936 et condamné à deux ans de prison pour ses activités anti-fascistes, peine qu'il purgea à la prison de Doftana.

En 1939, il fit la connaissance d'Elena Petrescu, qui devait devenir son épouse en 1946 et connaîtrait la même ascension et la même chute finale. Son influence et son rôle grandirent avec les années.

En 1940, nouvelle arrestation et nouvel emprisonnement. En 1943, il fut transféré au camp de concentration de Târgu Jiu, où il fit la connaissance de Gheorghe Gheorghiu-Dej, dont il devint le protégé.

Ascension vers le pouvoir

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que pointait la chute de la Roumanie dans l'aire d'influence soviétique, il devint secrétaire de l'Union des jeunesses communistes (1944-1945).

En 1947, après la prise du pouvoir par les communistes et l'abolition de la monarchie, il devint successivement ministre de l'Agriculture puis ministre délégué aux Forces armées sous la férule du dirigeant stalinien Gheorghiu-Dej.

En 1952, quelques mois après que le Parti eût été purgé de sa « faction moscovite », dirigée par Ana Pauker, il fut nommé au Comité central.

En 1954, il fut promu au Bureau politique, et son influence s'accrut jusqu'à faire de lui le « numéro deux » du Parti.

Exercice du pouvoir

Prise de pouvoir

En mars 1965, trois jours après la mort de Gheorghiu-Dej, il fut coopté comme Premier secrétaire du Parti des travailleurs de Roumanie. L'une de ses premières décisions fut de rebaptiser le parti en Parti communiste roumain et de déclarer que son pays, plutôt qu'une « république populaire », serait désormais la « République socialiste de Roumanie ».

En 1967, il consolida sa position en se faisant élire, en supplément, président du Conseil d'État.

Sa popularité dans les milieux de gauche européens était alors assez importante, en raison de sa politique indépendante, qui rejetait le suivisme jusque-là observé à l'égard des dirigeants soviétiques. Tout en restant formellement membre du Pacte de Varsovie, la Roumanie cessa de participer à toutes les opérations militaires de l'alliance, et Ceauºescu alla jusqu'à condamner l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 par les troupes du Pacte, invasion consécutive au printemps de Prague.

Culte de la personnalité

Comme la majorité des dictateurs, Ceauºescu institua en sa faveur un culte de la personnalité omniprésent, se faisant désigner sous les titres de « Conducator » (chef) et même de « Geniul din Carpati » (Génie des Carpates), ou encore en se faisant fabriquer un sceptre comme s'il était lui-même un monarque. Ces excès conduisirent le peintre Salvador Dalí à envoyer un télégramme de félicitations au « Conducator ». Le quotidien du parti communiste Scînteia, sans percevoir l'ironie de la démarche du peintre surréaliste, publia le texte du message dans ses colonnes, croyant y voir un témoignage de la gloire universelle du leader roumain. Le népotisme, habituel dans de nombreux régimes autocratiques, fut également une caractéristique du « règne » de Ceauºescu, son épouse Elena étant ainsi promue à des fonctions ministérielles, tandis que d'autres membres de leurs familles respectives se voyaient octroyer de multiples avantages matériels et honorifiques. En 1974, Ceauºescu ajouta à sa moisson de titres officiels celui de Président de la République. Il continua à jouer sur la scène internationale un rôle farouchement indépendant de celui du « grand frère » soviétique, donnant par exemple son aval à la participation de la Roumanie aux jeux Olympiques d'été de 1984, qui se déroulèrent à Los Angeles, qui furent boycottés par l'immense majorité des pays du bloc soviétique.

Relations internationales de la Roumanie sous Ceauºescu

La Roumanie fut le premier des pays de l'Est à entretenir des relations officielles avec la Communauté économique européenne : un accord incluant la Roumanie dans le système de préférences généralisées de la Communauté fut signé en 1974 et un autre, sur les produits industriels, en 1980. Cependant, Ceauºescu se refusa à mettre en œuvre la moindre réforme d'inspiration libérale. Suivant en cela la position de son mentor Gheorghiu-Dej, il se tint obstinément à une vision « stalinienne », ce qui explique la politique de distanciation prise avec les dirigeants soviétiques, à mesure qu'avançait la déstalinisation chez le « grand frère » soviétique et nombre de ses « satellites ». Ceauºescu maintint voire accrut la mainmise de la Securitate sur la « liberté de parole » dans les médias, et ne toléra aucune opposition interne, même la plus minime.

En 1971, Ceauºescu se rendit en visite d'État en République populaire de Chine puis en Corée du Nord. Il manifesta un grand intérêt pour l'idée de la « transformation nationale totale » telle que développée dans le programme politique du parti des ouvriers coréens ou telle que l'avait mise en œuvre la Chine durant la Révolution culturelle. Peu après son retour en Roumanie, il commença à imiter la dictature nord-coréenne, influencé par la « philosophie du Juche » du président Kim Il-sung, faisant traduire en roumain, et largement distribuer dans le pays, divers ouvrages consacrés au Juche.

Politique économique

En 1972, Ceauºescu institua un programme de « systématisation ». Conçu comme une manière de construire une « société socialiste multilatéralement développée », cette ambitieuse politique se traduisit par de nombreux bouleversements dans toute la Roumanie : démolition systématique de nombreux villages, avec déplacement de la population dans des petites structures urbaines, souvent sans même attendre l'achèvement des programmes de construction. La « systématisation » fut la plus visible à Bucarest même, où un bon cinquième de la vieille ville fut rasé pour être reconstruit selon les vues de l'autocrate. De nombreux trésors historiques et bâtiments classés ont ainsi disparu au cours de ces années, par la volonté de Ceauºescu. Personnellement choisi, un Palais du peuple, deuxième bâtiment du monde par sa superficie après le Pentagone, fut ainsi édifié en lieu et place d'un quartier ancien de Bucarest.

Malgré le régime totalitaire, la politique d'indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique confortait les intérêts des puissances occidentales. Ceauºescu obtint de nombreux prêts des institutions financières occidentales, prêts censés financer des programmes de développement économique, mais qui ont gravement déséquilibré les finances du pays. Dans les années 1980, Ceauºescu ordonna l'exportation d'une grande partie de la production industrielle et agricole du pays, afin de rembourser ses dettes. Ce qui n'était jusque-là que des pénuries domestiques courantes dans les régimes des pays de l'Est se transforma pour de nombreux Roumains en un combat quotidien pour la survie.

Déclin

La politique sociale mise en œuvre par Ceauºescu contribua à aggraver une situation relativement précaire. Obnubilé par une volonté d'augmenter l'effectif de la population roumaine, Ceauºescu se lança dans une politique nataliste contraignante, interdisant en 1966 par le décret 770, aussi bien l'avortement que la contraception et imposant de sévères restrictions aux modalités du divorce. La population augmenta en effet, mais au prix de l'abandon de milliers d'enfants par leurs familles incapables de subvenir à leurs besoins et placés dans des orphelinats d'État, mal gérés et où sévissait une mortalité infantile surélevée due aux manque chronique de soins et de médicaments. Ceauºescu se « distingua » également en refusant de reconnaître l'existence de malades du SIDA au sein de la population roumaine, en interdisant les tests de dépistage avant les collectes de sang, et en laissant utiliser, lors de transfusions sanguines faites sur des orphelins, des aiguilles non stérilisées, causant ainsi une forte contamination des enfants orphelins par le virus.

Chute du régime de Ceauºescu

En 1978, le lieutenant général Ion Mihai Pacepa, vétéran de la Securitate (les services secrets roumains), fit défection et se réfugia aux États-Unis, portant un coup sévère au régime, contraignant Ceauºescu à revoir toute l'« architecture » de la Securitate. En 1986, Pacepa devait révéler, dans son livre Red Horizons: Chronicles of a Communist Spy Chief[1], divers détails sur le régime de Ceauºescu, tels sa collaboration avec des terroristes arabes, ses entreprises d'espionnage industriel aux États-Unis et ses efforts constants et élaborés pour obtenir le soutien des pays occidentaux.

Le régime de Ceauºescu s'effondra après avoir ordonné aux forces armées et à la Securitate d'ouvrir le feu sur les manifestants anti-communistes dans la ville de Timiºoara le 17 décembre 1989. Les manifestations faisaient suite à la tentative d'expulsion, par le régime, de la rébellion qui se propagea à Bucarest, probablement aiguillonnée par la décision peu opportune de Ceauºescu d'y organiser un rassemblement de masse, censé confirmer le soutien populaire au régime. La manifestation se transforma en démonstration massive de protestation contre le régime. Le 22 décembre, les forces armées fraternisèrent spontanément avec les manifestants.

Peu après, selon la version officielle ultérieure, Nicolae et Elena Ceauºescu prirent la fuite du palais présidentiel en hélicoptère, prétendument en prenant en otage son pilote, menacé à l'aide d'une arme à feu. Prétextant que l'appareil aurait été ciblé par les radars anti-aériens, le pilote aurait alors posé son hélicoptère dans la campagne, à proximité des bâtiments d'une ferme. Ce serait ensuivi une fuite erratique du couple présidentiel, au cours de laquelle il aurait notamment été pris en chasse par des citoyens insurgés tentant de les arrêter, avant de parvenir à trouver un répit de courte durée dans une école. Ils auraient finalement été retenus prisonniers pendant plusieurs heures dans une voiture de police, les policiers restant dans l'expectative et écoutant la radio pour deviner dans quel sens le vent allait tourner, avant d'être livrés aux forces armées.

Selon d'autres hypothèses, le général Stanculescu aurait oeuvré pour des puissances étrangères (la CIA et le KGB voulant tous deux se débarasser du dirigeant) et le détournement de l'hélicoptère présidentiel ne serait pas dû au hasard.

Le 25 décembre 1989, à la suite d'un procès expéditif rendu par un tribunal auto-proclamé (une cour martiale de complaisance), réunie à Târgoviºte, Nicolae Ceauºescu et Elena Petrescu, coupables de génocide, étaient condamnés à mort et aussitôt fusillés dans la cour intérieure du tribunal.

De tous les « Pays de l'Est » ayant renversé le régime communiste après la chute du mur de Berlin au cours de l'automne et l'hiver 1989-1990, la Roumanie fut le seul où cette métamorphose se fit dans le sang.

En 1990, Ion Iliescu, dignitaire du régime communiste reconverti dans la démocratie « à l'occidentale », remporta la première élection présidentielle de l'ère post-communiste.

Nicolae Ceauºescu et Elena Petrescu avaient eu deux enfants : une fille, Zoia (née en 1950), et un fils, Nicu (né en 1951). Ils étaient par ailleurs parents adoptifs d'un troisième enfant, Valentin , recueilli avant la naissance des deux autres.